Les Petits Mouchoirs ? Mais quelle grosse MERDE !!!
Je préviens aimablement l’assistance que, dans ce billet, j’ai l’intention de spoiler une partie de l’intrigue pour étayer mon avis sur ce film qui m’a rendue FURAX. Si vous souhaitez préserver le mystère c’est tout simple : vous ne lisez pas ce billet !
Les Petits Mouchoirs, c’est le film de Guillaume Canet (avec François Cluzet, Marion Cotillard, Benoît Magimel, Gilles Lellouche, Anne Marivin, Laurent Lafitte, Jean Dujardin etc.) qui connait un véritable succès au box-office depuis quelques semaines. Si les premières critiques que j’ai lues dénonçaient le côté un peu “bobo parisien” – que je n’ai pas retrouvé d’ailleurs, les suivantes faisaient plutôt état d’une belle histoire d’amitié dans laquelle chacun d’entre nous pouvait se retrouver… Initialement, je ne souhaitais pas aller le voir, jusqu’à ce que je lise cet émouvant billet d’Azzed (qui vous donnera une autre vision que la mienne, alors allez voir). Mais d’abord, here comes le pitch : “A la suite d’un événement bouleversant, une bande de copains décide, malgré tout, de partir en vacances au bord de la mer comme chaque année. Leur amitié, leurs certitudes, leur culpabilité, leurs amours en seront ébranlées. Ils vont enfin devoir lever les “petits mouchoirs” qu’ils ont posés sur leurs secrets et leurs mensonges.”

Je refais le pitch : à la suite d’un événement bouleversant (le personnage de Jean Dujardin, en scoot, se prend un camion de pleine face), une bande de copains (LA bande des MEILLEURS COPAINS du blessé à moitié inconscient et complètement défiguré, qui se trouve aux soins intensifs, limite entre la vie et la mort, bref en TRES TRES TRES sale état) décide, malgré tout, de partir LE LENDEMAIN en vacances ensemble à la mer, en se disant que de toutes façons ça ne sert pas à grand chose de rester au chevet de leur pote, surtout que sa mère est là. Déjà, à ce stade de l’intrigue, j’ai eu la furieuse envie de quitter la salle (mais j’étais pas seule, donc je me suis rongé les ongles pendant 2H30 et bordel je peux vous dire que c’était LONG !!!!). Parce que, même si je sais que dans la “vraie vie” l’égoïsme des “amis” n’est pas totalement une légende, cette notion de l’amitié ne m’est absolument pas familière et que je ne me verrais pas ainsi abandonner MON pote de toujours pour partir en vacances !!!
Donc, la bande de potes part en vacances et nous joue plus de 2H00 de bal des faux-culs. Chacun des personnages offre aux autres – et aux spectateurs – son égocentrisme et ses petits arrangements avec l’amitié, la vie, la vérité etc. Une bande d’amis où chacun ne pense qu’à sa gueule, et où l’hypocrisie des rapports humains est minutieusement (laborieusement même) détaillée. Autant vous dire que pendant ces 2 heures il ne se passe RIEN et on s’emmerde. Les personnages sont en vacances à la mer donc à part bouffer des huitres, faire du bateau, boire l’apéro et nous faire part de leurs conversations “égocentrées” ils sont tout SAUF aimables. Aussi, comme on pouvait s’y attendre, au bout de 2H00 leur pote meurt comme un con tout seul à l’hosto et là, toute la bande nous joue la grande scène du 2 à coups d’hommages infiniment larmoyants et hypocrites autour du cercueil ! Et là, ENFIN, c’est fini !
Mais bon sang que j’exècre tous ces gens qui se ruent au cimetière pleurer ceux qu’ils n’ont su honorer de leurs vivants !!! Comment peuvent-ils atteindre de tels sommets d’hypocrisie et, pire, les dissimuler derrière un mot aussi lourd de sens que le mot “amitié” ? Croient-ils seulement se racheter une conscience auprès de ceux qu’ils ont lâchement abandonné comme s’ils étaient des chiens galeux ? C’est lorsque les gens sont VIVANTS qu’il faut être à leurs cotés, quand les vers ont commencé à les bouffer il est définitivement TROP TARD !
Donc, on l’aura compris, je n’ai pas accroché UNE SECONDE à ce film. Pire, la médiocrité de ce tableau m’a rendue furieuse. Pourquoi ? Parce que je commence à en avoir marre de ce genre de descriptions relous de l’amitié, comme on a pu en voir dans “Le code a changé” ou dans “Les meilleurs amis du monde”. Une notion de l’amitié infiniment éloignée de MA conception de l’amitié, qui n’a JAMAIS été cet assemblage de p’tites vies étriquées et égoïstes qui ne s’unissent que pour s’épanouir dans l’hypocrisie de leurs rapports. Pourtant, si ces films connaissent d’évidents succès populaires, c’est parce que nombreux sont ceux qui se reconnaissent dans leurs intrigues… Je peux – presque – le comprendre. Car cette hypocrisie, je l’ai vécue à mes dépends, lors d’épreuves particulièrement douloureuses et difficiles de ma vie. Je me souviens (c’est un exemple parmi TANT d’autres…) de cette “meilleure amie” qui, au lendemain de la mort de mon père, m’avait dit “je ne peux pas rester avec toi ce soir, mon mec ne comprendrait pas que je m’absente deux soirs de suite” … !!!! Ce genre de comportements ce n’est pas de l’amitié pour moi, et les plus graves épreuves que j’ai vécues dans ma vie m’ont, au moins, permis de faire le meilleur des tris dans mon carnet d’adresses ! Donc, ces grandes bandes d’hypocrites, comme celle décrite par Guillaume Canet, je ne nie pas leur existence. Simplement, j’ai du mal à concevoir qu’on puisse encore les dépeindre comme des relations d’amitié et, pire, je ne comprends absolument comme des gens de mon entourage peuvent encore se retrouver dans ces portraits qui m’inspirent tout juste de la HONTE.
Sans méchanceté aucune mais avec réalisme, je souhaite à chacun de ceux qui ont aimé ce film de se retrouver quelques instants SEUL dans une terrible épreuve. Seul, sans la sempiternelle “famille qui va bien” quand les “amis” font défaut. Sans famille, sans amis, SEUL dans l’épreuve. Puissent-ils alors comprendre que l’amitié ne se nourrit pas d’individualisme et de mensonges, mais d’altruisme, de partage, de soutien et de sincérité. A bon entendeur…
(j’vous épargne l’excellente bande-annonce qui n’a hélas RIEN à voir avec l’ambiance du film)












(et si ça peut te consoler, moi aussi j’ai pu compter sur les doigts d’une seule main – voire sur un doigt tout court – les amis qui ont été là sur mes 6 mois de “galère” avec dans l’ordre d’apparition : séparation d’avec mon mec, perte d’emploi, plastie abdominale foireuse, agonie puis décès de mon père, méningite et RMI ! Ah ça pour faire du tri j’ai fait du tri après j’peux te dire !!!!)
) mais à aucun moment je ne me suis retrouvée dans l’un ou l’autre des personnages. Sont carrément trop caricaturaux, font des actes carrément insensés…



