Brunch au Royal Monceau, restaurant “La Cuisine”

Préambule : je l’ai – jusqu’à aujourd’hui mais ça va changer – peu partagé ici mais j’ai toujours aimé MANGER. De belles, de très belles choses de préférence. Mais surtout d’excellentissimes choses, oui. Le goût des belles et bonnes choses, voilà – entre autres – ce que mes parents m’ont transmis. Ils auraient pu me faire aimer les voyages lointains … si la tradition chez nous n’avait pas plutôt été de ne partir que très rarement en vacances mais de promener nos papilles régulièrement dans l’année. De restaurants en restaurants, j’ai appris à manger et à AIMER ça. J’ai aimé les sauces dès que j’ai eu l’âge de les goûter, adoré les poissons délicats, raffolé des “vraies” pâtisseries et petit à petit, mon palais s’est affiné (= je suis devenue ultra difficile). Maintenant que je suis grande, je ne sais pas toujours pas trop ce que signifie “partir en vacances”, mais m’offrir de petits luxes tels qu’une très bonne table m’est parfois familier. Bref tout ça pour dire que oui, aujourd’hui nous allons parler d’un brunch au prix audacieux (93€/personne, autant le dire tout de go) et je comprendrai parfaitement que certains d’entre vous soient a priori “offensés” par cela, même si ce n’est bien sur pas l’idée. Aussi j’espère que vous prendrez ce billet pour ce qu’il est : un voyage des sens…
Ce voyage, c’est au Royal Monceau que je l’ai fait, le temps d’un incroyable brunch. A vrai dire, depuis qu’il avait réouvert ses portes en octobre (après deux ans de spectaculaires travaux sous la direction du designer Philippe Starck), je rêvais de visiter ce Palace parisien (oui, le Royal Monceau fait partie des, je crois, 7 ou 8 palaces de la capitale) et je n’ai pas été déçue. L’accueil et le service sont d’une qualité exceptionnelle (ne me dites pas “c’est normal”, je les ai sincèrement trouvés très au dessus de certains autres palaces que j’ai visités) et l’ambiance du brunch que j’imaginais un peu trop guindée est en réalité ultra familiale (et un peu showbiz aussi ok, quoique même les people sont en famille et donc discrets) et cosy. Le lieu est immense (SPA, salle de cinéma, plusieurs restaurants, librairie…) mais c’est au restaurant “La Cuisine”, que le chef Laurent André (qui a notamment longtemps travaillé avec Alain Ducasse) officie. Officie ? Non, orchestre magistralement ! La preuve en images … mais pas que ;-)))

La salle de “La Cuisine”, qui donne sur le jardin, est aussi vaste que sublime. Infiniment douillette aussi. La disposition est telle que même si les tables sont nombreuses, il est quasiment impossible de loucher sur l’assiette de son voisin. Elles sont majoritairement prévues pour 4 mais si, comme nous, vous n’êtes que 2 vous avez alors le loisir de vous mettre côte à côte sur le moelleux canapé. La salle en elle-même est un spectacle où les employés veillent au grain. Sans toutefois en faire trop, ce qui est appréciable (il m’est déjà arrivé dans des restaurants de ne pas oser regarder autour de moi tant chaque mouvement de cil déclenchait l’arrivée d’un serveur). Les “ennuis” commencent lorsque vous gagnez l’extrémité de la salle et qu’une multitudeeeeeeeeeeeee de buffets s’offre à vous. Vos sens se trouvent alors complètement chamboulés par la variété, la beauté, le raffinement, les couleurs, les parfums de toutes les merveilles auxquelles vous aller désormais pouvoir goûter…

Côté salé, la liste n’est pas exhaustive mais c’est déjà un véritable inventaire à la Prévert :
- Buffet fermier : œufs (au plat, brouillés ou en omelette avec Jambon blanc, fromages, légumes, fines herbes, champignons, oignons, tomates, bacon, pommes paillasson, saucisses grillées…) et variété de salades d’ici (césar classique, pommé…) et d’ailleurs (hommos, taboulé, salade Fatouche, Labneh…).
- Buffet de charcuteries artisanales tranchées à la demande : (vrai) jambon de Paris, Pata-Negra, lard Italien de Colonatta, mortadelle aux pistaches, jambon de Parme, saucisson d’Auvergne, terrine de canard…
- Buffet chaud composé de viandes (filet de boeuf cuit au four, volaille du « Patis » rôtie à la broche, veau cuit en blanquette, mini-hamburgers…), de poissons et de leurs garnitures (légumes de saison cuits à l’huile d’olive, gratin Dauphinois, pommes grenailles sautées à l’ail et au persil, légumes d’hiver au pot, coquillettes aux truffes et au jambon…).
- Buffet iodé : huîtres, médaillons de homards, crevettes roses, saint-jacques, assortiment de sushis, sashimis et makis, saumon fumé, crème et bagels, salade de harengs marinés, pommes à l’huile, consommé de crustacés servi froid…
- Buffet laitier composé de fromages (comté des fermes du Jura, brie farci mascarpone etc. servis avec fruits secs et confits, miel, chutney de fruits secs…) et de produits laitiers (yaourts fermiers, fromage blanc et faisselle nature ou aux fines herbes et poivre).
Bien entendu je n’ai pas tout goûté (mais c’est pas l’envie qui manquait), mais TOUT – à l’exception du mini-burger car je ne suis pas fan des boulettes, surtout quand elles remplacent le steak dans un burger… – était incroyablement BON. Enfin EXCELLENT même. Bien sur, la fraîcheur mais surtout l’exceptionnelle qualité de TOUS les produits y est pour beaucoup ! J’ai à peine goûté les charcuteries et fromages (qui étaient pourtant divins) pour me concentrer sur des plats “plus cuisinés”. De fait, mes papilles ont particulièrement apprécié les ravioles – je crois – homards (avec une sauceeeeeeee, mais une sauce…), la lotte coco chépluquoi, les clubs sandwichs aux langoustines et le pithiviers qui était à MOURIR (ça faisait longtemps que je n’avais pas mangé un feuilleté aussi fondant en bouche, une pure merveille).

Côté sucré là aussi, les propositions sont tout aussi impressionnantes :
- Buffet boulanger Pierre Hermé : croissants, croissants Ispahan, pains au chocolat, cakes Kouign-amann, Kugelhofs, muffins au potimarron, tartes aux fruits du moment.
- Buffet de desserts composé de fruits de saison en salade ou au naturel et des délices sucrés de Pierre Hermé : Miss Gla’Gla, le « millefeuille minute », gaufres et crêpes préparées à la demande, Tarte infiniment caramel, Ispahan, Saint-Honoré classique, Emotion Infiniment Vanille, Chuao, Satine, assortiment de macarons.
(en parlant de sucré, je précise que sont également servies à discrétion toutes les boissons chaudes et sans alcool – jus de fruits frais, smoothies divins et même véritable jus d’herbe)
Même si les viennoiseries me faisaient drôlement de l’œil, je n’ai pas cédé à la tentation (parce que bon, des croissants, aussi bons soient-ils, je peux aussi en manger ailleurs) et je n’ai que très peu goûté le sucré. Je me suis contentée de quelques fraises, d’une part de cheesecake à l’orange (clairement, ce n’est pas le meilleur que j’ai mangé) et d’une mini-crêpe accompagnée d’une confiture passion-mangue divinissime. J’ai aussi goûté dans l’assiette de ma moman les “classiques” Hermé qui étaient d’une fidélité absolue à ceux qu’on trouve en boutique.
Oui justement. En boutique. A priori, le fait que les pâtisseries soient signées Pierre Hermé ne me posait pas problème. Mais, une fois sur le place, j’ai été un brin déçue. Je vous explique. Si j’ai une envie subite d’Ispahan, je prends le métro et zou je file en boutique. Un peu “quand je veux” quoi. Là, ce brunch avait quelque chose d’assez exceptionnel (car je ne pourrais pas me l’offrir toutes les semaines ni même tous les mois), or déguster en dessert des gâteaux “de boutique” j’ai vraiment trouvé que c’était dommage. Alors, BIEN SUR, la qualité des desserts Hermé est éblouissante, je ne dis surtout pas le contraire. Mais là, j’aurais tellement préféré découvrir les œuvres d’un chef pâtissier “maison”, tellement aimé me laisser surprendre et, surtout, éblouir par la découverte de nouvelles saveurs que j’ai été un tantinet déçue…

Verdict ? Même si j’attendais beaucoup de ce brunch, le Royal Monceau m’a portée bien au delà de mes propres espérances ! Le cadre (même si je ne suis pas fan de Starck) m’a conquise, le service m’a bluffée par sa prévenance mais aussi par son humour (oui, c’est pas tous les jours que ça arrive ça dans ce genre d’endroit), sa simplicité et sa délicatesse et le chef Laurent André avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger quelques mots a bouleversé mes papilles tout autant que mes pupilles (sur ce point, mes “photos salées” ne rendent point hommage à son talent croyez-le). Bref, un sans faute, et un rapport qualité/prix largement justifié. En re-bref, LE best fucking brunch ever meilleur brunch parisien testé à ce jour ;-)

Le Royal Monceau – Raffles Paris, 37 avenue Hoche, Paris 8e
Brunch le samedi & le dimanche de 12H00 à 15H00 (résa : 01.42.99.88.00)










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