Actuellement au ciné, “Un heureux événement” 61

Ca fait une semaine que je rechigne à écrire cet article. Une semaine que j’ouvre puis referme consciencieusement cette page en espérant que demain, ça ira mieux et que les mots seront moins violents. Pourtant, donner mon avis sur un film je sais faire. Je l’ai fait plein de fois. Mais là, c’est différent. D’ailleurs, après la projection aussi c’était différent, l’ambiance était inhabituellement vive et les questions/remarques, toutes plus virulentes les unes que les autres, fusaient de toute part. Parce que ce film, dont tout le monde parle, a clairement le mérite de susciter le débat. Je ne saurais pas dire si je l’ai aimé ou pas (je ne me suis pas ennuyée et j’ai pas mal ri, oui), en revanche depuis 8 jours j’y ai repensé au moins 2993 fois.
Je l’ai déjà un peu raconté ici (clic), je suis “rangée” (pouark) dans la case de celles qui ne veulent pas d’enfant. Pour plein de raisons que j’ai longuement analysées et soupesées (oui parce que j’ai pas décidé ça un matin en me levant, ça a été une réflexion de plusieurs années), parmi lesquelles : je ne veux pas devenir Barbara, l’héroïne du film. Je ne veux pas devenir cet être qui, après 3 contractions et une épisio, a envie de hurler au monde entier que youhou elle a trouvé un sens à sa vie (quelle tristesse ces gens qui sous-entendent qu’auparavant leur vie n’en avait aucun) et qui en moins de temps qu’il ne faut pour le dire se retrouve (la scène vaut son pesant de cahuètes) à une réunion (qui évoque étrangement l’idée qu’on peut se faire de celles de la Leche League) entre jeunes allaitantes/porteuses ! HORREUR. Bref, de femme, Barbara accède au statut suprême de mère, de celles qui regardent de haut les filles comme moi en les traitant de nullipares (et oui, dans nullipare ya nulle, comme on me l’a déjà fait remarquer). De celles qui deviennent précisément ce qui m’effraye probablement le plus dans la maternité : des louves s’affirmant femmes (alors que peu le restent vraiment, personnellement j’en ai rencontré à peu près 3 en 35 ans des comme ça – et dedans j’inclus ma propre mère que je ne remercierai jamais assez d’être d’abord restée une vraie femme en devenant mère) qui martèlent SURTOUT à celles qui n’ont AUCUNE envie de l’entendre que la maternité c’est trop bien et que l’allaitement et que les couches lavables et patin et couffin (je développe pas, Florence Foresti fait ça très bien ;-)
En résumé ce film m’a fait un drôle d’effet, en mettant des images animées et des mots sur mon non-désir d’enfant, ou plutôt sur mon refus d’être mère. Car oui, en sortant (et après avoir hurlé 128 fois que ce film était probablement le meilleur contraceptif du monde), j’ai compris un truc que je n’avais jamais jusque là oralisé : la majeure partie du temps, ce ne sont pas les enfants que je n’aime pas, mais leurs mères. Et si je peux facilement me laisser attendrir par un tout petit, je suis en général très vite échaudée dès que sa mère ouvre la bouche. C’est un peu dur dit comme ça, oui. Mais pour avoir lu dans une autre critique du film que les filles qui ne veulent pas d’enfants avaient été confortées dans leur choix en voyant la scène de l’accouchement (elle ne m’a fait ni chaud ni froid), j’avais envie de rétablir MA vérité.
Avant que la moitié de la blogo-maman me tombe dessus (attention, je mords), je voudrais répéter une fois encore que tout ça n’est que MON avis (et croyez bien que je vous en ai livré une version ultra light…). Dans la salle il y avait aussi des mamans (et futures mamans) et – pour celles qui se sont exprimées du moins – elles se sont reconnues dans ce film, certaines lâchant même de puissants MERCI au réalisateur à la fin car, enfin, elles se sentaient entendues dans ces bouleversements (physiques/moraux) qu’elles avaient traversés. Vous l’aurez compris, comme en son temps le livre éponyme d’Eliette Abécassis, ce film fait débat mais s’adresse à tous : à ceux qui n’ont pas de désir d’enfants, à ceux qui hésitent, à ceux qui sont sur le point de, à ceux qui ont déjà. Car chacun trouvera là l’écho de sa propre voie (voix aussi, si vous voulez) et ne sortira pas indifférent de cette projection, c’est certain.

Un heureux événement, un film de Rémy Bezançon
avec Louise Bourgoin, Pio Marmaï, Josiane Balasko, Anaïs, Thierry Frémont, Firmine Richard… “Elle m’a poussée dans mes retranchements, m’a fait dépasser toutes mes limites, m’a confrontée à l’absolu : de l’amour, du sacrifice, de la tendresse, de l’abandon. Elle m’a disloquée, transformée. Pourquoi personne ne m’a rien dit ? Pourquoi on n’en parle pas ? Un heureux événement ou la vision intime d’une maternité, sincère et sans tabous.”
Last but not least, ce chiffre en constante progression : 20 à 25 % des couples se séparent dans les premiers mois après la naissance de bébé. Parce que c’est aussi ça que dit ce film.

oct 05, 2011 @ 21:21:32
Houlala, ça déchaîne les passions tout ça. Je vais essayer d’apporter ma pierre non pas à l’édifice mais au débat en parlant de mon vécu alors !
Donc, je suis encore une nullipare (pour quelques mois) et ça a toujours été un choix revendiqué. Je n’ai jamais éprouvé le besoin de pouponner depuis ma plus tendre enfance, j’ai eu des relations longues et stables qui m’auraient permis de réfléchir à cette éventualité plus tôt mais je n’étais pas prête tout simplement. Je ne dis pas que chaque femme y vient mais je dis aussi qu’on peut changer d’avis par rapport à tout ça.
Et a contrario quand on s’est battue autour de soi à dire qu’on n’était pas faite pour la maternité, quand vient l’heure d’annoncer qu’on est enceinte, la réflexion : “c’est voulu?” peut faire mal.
Tout ça pour dire que des gens cons il y en a partout, des mères, comme des célibattantes qui dénigrent les futures mamans.
Le tout c’est de ne pas imposer son modèle quel qu’il soit. Du prosélytisme maternel non merci mais du prosélytisme anti maternité, c’est lourd aussi.
C’est pas parce qu’on devient mère qu’on ne restera pas femme, qu’on est obligée de liker les photos d’Anne Geddes ou encore de devenir une ayatollah de la couche bio !
Je pense avoir assez de recul pour comprendre ce que je perds en devenant maman (mon indépendance, mes nuits de sommeil, mes envies de week-end à l’arrache) mais je suis aussi consciente de ce que je ne VEUX pas sacrifier (ma relation avec mon mec, mes conversations débiles avec mes copines, mes envies de voyager – new york je ne t’oublierai pas -).
En gros, mon idée, c’est : Nullipare vs Mère : faux combat. Le problème c’est le dénigrement des autre modes de vie que le sien, tout simplement.
Après, j’ai bien envie d’aller voir le film parce que ça peut aussi me donner un bon coup de pied aux fesses pour éviter de tomber dans les pièges que peuvent comporter la maternité que je n’aurais pas prévu !
Sur ce, je vais préparer mes valises pour Rome tant que j’ai encore le droit de voyager sans laisser mon futur lardon à mes beaux-parents en ne culpabilisant pas le moins du monde :)
oct 05, 2011 @ 23:51:32
“mon idée, c’est : Nullipare vs Mère : faux combat. Le problème c’est le dénigrement des autre modes de vie que le sien, tout simplement” bein voilà, tu l’as apportée ta pierre au débat et je crois même que t’as plutôt bien résumé les choses !
Bon par contre je n’ai jamais vu qui que ce soit faire du prosélytisme anti-maternité (je dis pas que ça existe pas, juste je n’en ai jamais vu) et ça me parait a priori tout de même moins courant (logique, la “norme” c’est la maternité, donc c’est plutôt le hors norme que les gens critiquent plutôt que la norme elle-même…). Pour ce qui est de rester femme, c’est ce que disent TOUTES les nanas enceintes, pourtant après des femmes je trouve qu’il n’en reste plus beaucoup, en tout cas dans mon entourage j’ai même pas besoin de tous les doigts de ma main pour compter celles qui le sont rester (et t’as intérêt à en faire partie toi je te préviens !!!!!!) ;-)
oct 06, 2011 @ 11:11:19
Bah en lisant certains commentaires et en me référant à mon propre jugement sur les mères avant de penser à y être à mon tour, je me dis que c’est pas pour rien que je n’ai jamais voulu d’enfants auparavant. Trop peur de devenir tartignolle et de me perdre dans la maternité. Mais j’espère qu’en partant un peu éclairée sur le sujet, je ne tomberai pas dans le piège.
Et au pire, si vraiment j’en arrivais là, je compte sur toi pour me remettre dans le droit chemin !!
En fait, il faudrait avoir un comité autour de soi, qui te dise :” han han, là tu commences à merder. Ton enfant n’est pas le plus beau de la terre et tu n’as pas besoin de sentir son caca pour être en communion avec le monde” !!!
oct 06, 2011 @ 11:31:31
Ah mais compte sur moi !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
oct 06, 2011 @ 12:35:05
“mon idée, c’est : Nullipare vs Mère : faux combat. Le problème c’est le dénigrement des autre modes de vie que le sien, tout simplement” ===) TELLEMENT VRAI!!! Pour ma part, ma pépette a 2 ans et demi, et cela fait déjà quelques temps que l’on me demande “mais quand allez vous remettre les couverts?!….” (quelle belle image!!…) Il va falloir penser à lui faire 1 p’tit frère!!( imagine le stress si c’est 1 p’tite soeur, après il faudra faire le 3ème car t’auras pas eu d’mec!…) ; t’es + tte jeune (ah bon?!.. tout est relatif…), j’en passe et des meilleures….. Et là, le blanc, quand franchement j’annonce que NON je n’y compte pas!!!…. OH, pauvre gosse qui va souffrir d’être fille unique!!…. Alors avis à tous les pseudo Pédo-Psychiatres, chacun SA vie!!! Donc au final, t’es jamais dans la norme!!…
oct 06, 2011 @ 12:52:01
hahaha, c’est vrai que ça doit être relou aussi le “c’est pour quand le 2e” alors que le premier est à peine fini !!
(juste deux trucs pour la prochaine fois poulette : faut garder le même pseudo d’une fois à l’autre – sinon je suis obligée de valider tes coms manuellement, et éviter le langage SMS – j’ai donc remplacé tous tes “ki ke kan koi” par des “qui que quand quoi”, parce que j’aime la langue française – donc j’essaye de la respecter – et parce que ce n’est pas un tchat entre ados mais un blog entre adultes ici ;-)
oct 06, 2011 @ 13:38:42
Je te rassure, je reste très attachée à l’orthographe moi aussi! J’en prend bonne note M’dame, je ne suis pas 1 ado refoulée, je te rassure…. Mis à part les qui, quand, quoi, je ne suis pas une adepte de toutes ces abréviations, sauf par SMS je le reconnais! Je n’ai pas pris la peine de vérifier le pseudo que j’avais utilisé depuis mon i-phone, pas bien!!….
Je dois garder lequel alors au final?
oct 06, 2011 @ 13:53:21
Allez, je garde mon prénom (de vieille comme dirait mon homme)…. No comment, merci…. Je vois qu’il existe déjà une Louloutte avec 2 T…. J’arrive avec mes gros sabots de ma province…. On me pardonnera….
oct 06, 2011 @ 13:42:11
Tu avais utilisé ton prénom, mais tu gardes celui que tu préfères ya pas de souci
oct 06, 2011 @ 13:54:43
bon sang t’as pas changé toi, mdrrrrrrrrrrrrr
oct 06, 2011 @ 19:35:47
Ya de la place pour 2 louloutte ici tu sais!
De toute manière, il y aura toujours des gens bien pensant qui te donnent leur avis sans leur demander.
J’ai essuyé pas mal de remarques après la GEU , ah “bah finalement c’est une bonne chose ils auraient été trop rapprochés”, ou “déjà tu voulais faire le 2ème? c’est mieux comme ça, non?” J’ai quand même perdu un potentiel bébé et une trompe dans l’histoire.. et c’était une grossesse désirée.. Enfin bref, c’est de l’histoire ancienne.
Maintenant j’ai le droit à quand le 3ème?
oct 07, 2011 @ 01:13:07
Je pense que l’essentiel a été dit et peut être résumé dans ce commentaire : “Nullipare vs Mère : faux combat. Le problème c’est le dénigrement des autres modes de vie que le sien, tout simplement”
Ce comportement vaut aussi pour tout :
- mariage / célibat
- vie urbaine / à la campagne
- auto / transport en commun
- plats cuisinés maison / conserves et surgelés
Ce ne sont que des exemples, tu peux décliner pour les sujets des plus importants au plus futiles … mais c’est vrai que la maternité, le mariage, la maison tiennent le haut du pavé (la sexualité aussi, mais là, c’est plus dans le non-dit que l’opprobre s’exprime).
Il n’est pas loin l’époque où le destin tracé d’une femme était de se marier, d’avoir des enfants et de ne pas travailler. Naturellement pas question de divorce, d’homosexualité, d’avortement, de contraception. La femme était sous tutelle de son mari (autorisation pour travailler, avoir un compte bancaire etc..).
Les choses ont quand même bien évolué malgré tout et aujourd’hui on peut à peu près vivre comme on le souhaite, en affirmant ses choix de vie.
Plus les choix personnels peuvent s’exprimer et s’exercer, plus les réactions à leur encontre feurissent.
Les mentalités ont peut-être un peu de mal à suivre ?
Les fondements de l’éducation reçue sont-ils ébranlés pour certains ?
Ces réactions parfois radicales ne sont-elles pas comme une “réaction épidermique” vis à vis de ceux qui n’ont pas les mêmes choix ?
Ne serait-ce pas aussi un signe de reconnaissance, d’appartenance, un moyen de se conforter soi-même, de se rassurer dans un monde de plus en plus individualisé, déshumanisé ?
Ou de la bêtise …
D’un autre côté, s’il m’est parfois arrivé de poser certaines questions, je l’ai fait dans le même esprit qu’Anne-Cé, plus dans un but de connaissance de l’autre, de son fonctionnement, de ses idées. Généralement c’était dans un contexte de conversation, pas au moment de la présentation !
Mais effectivement le cumul pour celui à qui ces questions sont posées peut très vite devenir lourd et obsédant.
Je ne suis pas certaine d’avoir exprimer très clairement toutes mes idées …
oct 07, 2011 @ 08:27:47
Heu … j’ai fait un long long commentaire hier soir et … psiiit il s’est envolé ?
oct 07, 2011 @ 10:02:25
Ben t’étais pas couché Gloria quand t’as écrit le com’? 1h du matin t’es encore debout?
T’as bien tout résumé en tout cas.
oct 07, 2011 @ 10:11:56
@Gloria : des fois je me dis que j’ai eu de la chance d’avoir 30 ans dans les années 2000, parce que déjà que mes choix de vie sont difficiles à assumer aujourd’hui, alors si ça avait été “autrefois” j’imagine même pas !! Bon, ceci dit aussi, avec mes parents j’étais à bonne école : ils avaient 15 ans de différence (respectivement 35 et 50 ans…), venaient de 2 religions/cultures différentes, étaient tous deux divorcés (dont l’un avec 3 gosses) et en plus il m’ont conçue 2 ans AVANT de se marier (et pour le mariage, yavait la femme de ménage et son mari comme témoins et ils n’ont prévenu personne !) ! Et à l’époque, croyez bien que ce cumul n’a pas été facile à afficher/assumer !! Mais bon, ça les a pas empêché d’être heureux et de m’apprendre l’essentiel : il faut suivre sa propre voie sans se préoccuper de ce que pensent les autres et être tolérant. Done ! (les chiens font pas des chats comme on dit ;-)
oct 07, 2011 @ 13:34:28
Ah oui tu as été “à bonne école” !
On est également conditionné par les expériences qui nous entourent.
J’ai effectivement changé d’opérateur, mais mon ancienne adresse reste valide. Et hier soir j’étais sur mon netbook configuré après le changement d’opérateur, et qui avait gardé en mémoire mes coordonnées (avec le prénom, j’utilise de moins en moins ma cuiller LOL)
J’essaierai d’être plus vigilante
)
(j’ai dit : j’essaierai hein, c’est pas une promesse à la vie à la mort
oct 07, 2011 @ 13:36:59
J’étais pas encore couchée (pas bien, mais je suis une fille sur soir voire de la nuit moâ Mamzelle) et je me suis levée à 6 h le boulot, le boulot … quand je serais à la retraite je pourrais paresser honteusement au lit, sans état d’âme ni culpabilité !
oct 07, 2011 @ 22:16:37
Et qui qui gagne les powards?
oct 15, 2011 @ 20:50:16
Je suis toujours gênée par les femmes qui se caractérisent elles mêmes par mère de .. C’est la même chose pour les femmes de …. Cela me gêne parce que les femmes se définissent par rapport à un autre et pas en tant qu’elles mêmes.
Je suis tout à fait d’accord avec les propos de Gloria et d’Anne Cé. Le tout est d’être tolérant :)
Je pense que c’est plus difficile aussi pour les trentenaires d’aujourd’hui. Je pense qu’il y a une forte pression de la société pour qu’elles soient des “mères parfaites” jonglant entre le travail, la vie de famille. Je pense que c’était plus facile pour les femmes de ma génération (quelques années de plus ahem). On se posait peut être aussi moins de questions. Je ne dis pas que c’est mieux, juste différent.
oct 16, 2011 @ 10:09:51
@Louloutte : oh bein surement toi, comme d’hab
@Anne : Je pense qu’en plus, internet, les forums, les blogs et même twitter n’ont pas “arrangé” cette histoire de pression. D’ailleurs ça m’horripile de voir certaines de mes amies faire “comme ci” parce que “c’était marqué sur internet alors il faut le faire” plutôt que de suivre leur instinct de maman (et ça m’horripile encore plus de les voir se comparer SANS ARRÊT et juger/critiquer celles qui ne font pas comme elles)
oct 19, 2011 @ 18:57:44
Ouh là, quel débat passionné!
ça donne envie d’aller voir le film pour se faire sa propre opinion.
En ce qui me concerne enfant/pas enfant, mariage/pas mariage, vie commune/pas vie commune, chacun son choix tant qu’il ne l’impose pas aux autres en leur disant qu’ils sont anormaux
oct 19, 2011 @ 19:02:14
Oui, un débat passionné, j’aimeeeee !!
nov 01, 2011 @ 02:52:00
Trèèèès bon article et des posts que je trouve quasiment tous pertinents.
Notamment le post n°6 de Lily. Je ne suis pas mère mais merci Lily pour ton bon sens.
Avant d’aller voir cette “comédie hilarante” (dixit un membre d’allo ciné) je pensais que je voulais un enfant un jour.
Mais comme tu le dis si bien Plastie, ce film est un excellent aide-mémoire pour la prise de ma pilule.
Parce qu’on nous vend toujours du bisounours à la guimauve (“c’est le plus jour de ma vie” (mais comment peut-on avoir un seul plus beau jour de sa vie ???!!!)) je trouve ce film intéressant dans la mesure où il y a quand même un paquet de couples qui fait un enfant “parce que c’est ça la vie”. Donc si ça peut les aider à mesurer les conséquences de leur choix, tant mieux.
Mais tout de même, et là je m’adresse aux mères, il y a quand même un quelconque bonheur à avoir un enfant ? Parce que je l’ai cherché dans ce film, mais même avec mes lunettes je ne l’ai pas trouvé.
Ok, c’est l’histoire d’UN couple. Mais quand on lit les critiques d’allo ciné où pas mal de gens écrivent qu’ils se sont vraiment retrouvés dans les personnages, que c’est super réaliste alors que le film “comédie hilarante” est quand même noir, j’ai envie de leur dire “mais quelle vie de merde !” et de m’enfuir en hurlant dans la nuit “NOOOOOOOOOOOOOOOON”.
J’aimerais bien avoir un enfant, un jour, mais j’appréhende parce que je me demande si j’en aurai la force.
Dans tous les cas, je souhaite beaucoup de courage aux posteuses qui ont droit à des questions pourries (récemment j’ai eu “t”as 25 ans ? Tu penses à faire un enfant alors ?” … Si j’en fais un dans 10 ans ce sera bien ! Hey, les “règles” ont changé quichasse !!), que ce soit parce qu’elles sont célibataires (“Quand est-ce que tu te cases ? Oh ben dis donc, j’y avais pas pensé tiens !!”), en couple mais ne souhaitant pas d’enfants, mères célibataires, en couple avec enfants mais pas mariées, mariées mais avec un seul enfant (le pauvre bichon, il s’ennuie roooh), mariées avec 15 enfants de 13 pères différents, mariées avec un cochon d’inde (et pas de labrador, grand dieu !), pacsées sans enfants avec leur chérie, etc.
Je ne sais plus qui écrivait dans un magazine que les questions des autres lorsque nous ne sommes pas dans la “norme” (que j’appelle “le truc ordinaire”) ne reflètent que leurs propres angoisses. Oui parce qu’au cas où la pub ne vous avait pas assez fait comprendre que vous n’étiez pas normales, les pressions familiale et sociale sont toujours là pour vous achever.
Alors soyez sympa les filles, conseillez leur d’aller faire un tour chez le psy pour soigner ces vilaines angoisses -)
Bonne nuit à toutes.
nov 01, 2011 @ 08:50:00
Bienvenue et merci pour ce long commentaire Yulia ! A l’évidence (et même si j’ai pas du lire le mag dont tu parles), les questions des autres reflètent leurs propres angoisses, de la même façon que lorsque tu es confrontée à la maladie, la mort ou même juste une séparation bon nombre des “amis” s’effacent, tout simplement parce qu’ils se projettent dans ton propre malheur et préfèrent souvent “disparaitre” plutôt que d’angoisser en pensant que ça pourrait leur arriver…
nov 06, 2011 @ 20:34:15
Merci et désolée pour la longueur du commentaire. Ça faisait une semaine que ce film me “bouffait” et du coup ça m’a fait du bien de lire ton article et les posts.
Je suis d’accord avec toi, tu as parfois l’impression que ton malheur est contagieux. Ou que tu es wonderwoman parce que toi, tu vas t’en sortir, tu es forte par nature donc on ne s’inquiète pas pour toi.
Dans un magazine féminin, une femme dont le couple ne souhaite pas d’enfants écrivait que les réactions les plus violentes face à cette décision venaient des jeunes parents…
Est-ce qu’ils se disent qu’elle est folle de passer à côté d’un tel bonheur ou est-ce qu’ils lui en veulent de dire non alors que eux ont cessé de dormir, de faire l’amour, de s’habiller proprement (cet aspect du film m’a tué. Ma sœur a eu un enfant, elle s’habille toujours bien et se maquille. Incroyable !!) et qu’ils se tapent l’âne trotro/petit ours brun/winnie l’ourson H24 ?
Naïvement, j’ai longtemps cru que les adultes avaient un comportement… d’adultes.
Mais en quoi ça leur pose problème que des femmes fassent d’autres choix que les leurs ? Je ne comprends pas le dérangement puisqu’il n’y a pas d’interactions entre la vie de la décideuse et la leur !
On nous parle de tolérance sur la sexualité (limite si tu es une hétéro qui n’a jamais couché avec une fille et qui n’a pas 40 000 accessoires SM c’est toi qui n’est plus “normale”), sur la religion mais alors sur le mode de vie, autant on ne va pas trop se poser de questions sur celui d’un mec, autant la nana gênera sans qu’elle soit pour autant trash dans son comportement.
Ah le sacro saint statut de la mère. “Toutes des p… sauf maman.” Pourquoi ?
Si par “p…” il faut comprendre “garce”, pourquoi l’accession à la maternité effacerait un tel caractère ? Pour avoir connu quelques mères tarées-méchantes, je peux dire que ça n’est pas le cas.
Et si par “p…” il faut comprendre “femme assumant sa sexualité épanouie”, j’espère continuer à l’être si un jour je deviens môman.
D’ailleurs j’adoooore les pages facebook écrites en kikoo-lol dédiées à l’amour maternel “parce que c’est la meilleure femme au monde qui nous aimera toute notre vie”. Comme si toutes les mères avaient le même comportement.
Évidemment qu’on se construit, entre autres, par rapport à la figure maternelle, mais cessons de la mettre sur un piédestal. Elle a le droit de nous décevoir et nous aussi.
Bon maintenant j’ai envie de discuter de ça avec vous autour d’un verre -)
Et promis, la prochaine fois je ferai plus court !!!
nov 13, 2011 @ 22:39:59
un débat passionné !!!!!! c’est quoi la normalité? tte expérience est riche à vivre si elle est pensée et réfléchie et qu’elle apporte le bonheur! rien ne doit être subi! et le fait de se justifier quoique l’on fasse quoique l’on pense ne doit en aucun cas devenir un harcèlement! et une obligation de justification ! le respect et la tolérance (2 valeurs qui se perdent) doivent être les seuls moteurs de notre façon de vivre et de penser!
nov 14, 2011 @ 09:01:00
Bien d’accord avec toi, m’enfin dans la pratique tout le monde n’est pas aussi tolérant et respectueux que nous…