La vie va où ? Par Michèle Guigon
J’aime les mots. J’aime les lire, les écrire, les entendre, les prononcer. Oui, j’AIME les mots. Depuis toujours je crois. Au moins depuis ce jour où j’ai compris que, dans une vie si éphémère et tortueuse, les mots étaient le pouvoir absolu. Avec des mots, on n’est jamais totalement démuni. Avec des mots, on n’est jamais seul. Et quand on croit avoir tout perdu au point de n’avoir plus que des mots, alors on a encore l’essentiel. Parce qu’avec les mots, on PEUT tout. Aimer, Haïr, Combattre, Vaincre. Lutter, Désirer, Posséder, ETRE. J’aime les mots. Alors j’ai appris à les connaitre. Appris à m’en servir aussi. Appris à les peser, à les choisir, à les offrir. Appri…voiser. Et le chemin est long, mais si riche en surprises et en enseignements… Il faut aimer apprendre plutôt qu’aimer savoir pour (se) jouer des mots.
C’est parce que j’aime les mots que j’aime ceux qui les offrent, et quand ceux qui les offrent sont aussi ceux qui les ont choisis, je suis admirative. Admirative et bête, au sens ébahie du terme. Aussi hier soir quand Michèle Guigon est sortie de scène, je n’ai su lui dire que MERCI. Merci d’avoir pensé, merci d’avoir choisi, merci d’avoir écrit, merci d’avoir vaincu (…). Merci.
Mon émotion et moi avons repris le métro. Le temps a passé, l’émotion est restée et, là, j’ai encore bien du mal à vous faire partager un moment qui ne se raconte pas vraiment mais se VIT. La vie va où ? le spectacle de et par Michèle Guigon est au théâtre du Lucernaire pour une toute petite semaine encore. Et si vous aimez les mots, et si vous aimez être surpris et questionné alors il faut y aller. Parce que plus qu’un “spectacle” c’est une leçon de vie, et parce qu’en sortant on n’est nécessairement plus tout à fait le même que lorsqu’on est entré. Autant vous le dire, ça secoue. Dès le départ, on est prévenus : “Ah ben oui, on va parler de la vie, de la mort, de la vieillesse, de la maladie, on va bien se marrer !“. Ca pour se marrer, on se marre. Mais pour être secoué, on est secoué ! Enfin … ceux qui l’acceptent. Mais être secoué c’est BON. Enfin je trouve. Ça permet d’avancer. Et s’il ya bien UNE chose à retenir de La vie va où ? c’est que ce n’est pas un divertissement d’1H30. Non, c’est le début d’un cheminement, le premier coup de pioche d’une réflexion que chacun mènera loin, bien loin du théâtre après avoir reçu ces mots… Savoir poser les bonnes questions. Un art en somme.
Parce que les questions justement, Michèle AIME ça.
“Pourquoi c’est quand il est vide que le cœur est lourd ?”, “Si on marche dos à la lumière est-on guidé par son ombre ?”, “Si l’être humain veut toujours du nouveau pourquoi a-t-il si peur du changement ?”. Une plénitude de questions savoureuses, subtilement lancées dans l’air pour qui voudra les attraper.
“Comme le ferait le Petit Poucet, Michèle Guigon sème sur route théâtrale quelques solos qui permettent de la suivre dans la vie, qu’elle mène comme une (en)quête. On la retrouve seule en scène, son regard grave ou drôle sur la vie… drôle et parfois, très grave.” Voilà pour le pitch de ce que Michèle définit comme un solo-poético humoristique, aux intermèdes d’accordéon.
Ah. Et puis. Dans la petite salle du Lucernaire [un LIEU totalement atypique - théâtre, galerie, ciné, resto etc. - que je ne connaissais pas et qui vaut le détour], la scène est en contre-bas. Et si en arrivant le spectateur croit dominer l’artiste, devant l’immensité du talent d’écriture ET d’interprétation de Michèle, croyez qu’il se sent vite infiniment petit et au ras du sol…
Avant de terminer par la bande annonce que je trouve bien trop condensée pour dire toute la richesse de ce moment, je voudrais vous suggérer, en complément, de lire l’article d’Alexiane. Parce que moi, ce sont ses mots à Elle qui m’ont convaincue d’aller voir Michèle Guigon, et je ne peux que la remercier de m’avoir fait vivre l’une de mes plus belles émotions de l’année…
Pssssssst ya un chouette site aussi, pour avoir des infos et écouter de bien jolies chansons…






…. oui mais bon quel PLAISIR !!!!!!!!!






