A la folie, par Ary Abittan
On va pas tourner autour du pot, aujourd’hui je vous parle d’un spectacle que je n’ai pas aimé. Pas d’un “mauvais spectacle” mais d’un “spectacle que je n’ai pas aimé” et, croyez-le, ya une sacrée nuance. Partant du principe que mon (humble) avis n’est (heureusement) pas “universel” et que le spectacle vivant est par définition affaire d’émotions, je me suis dit qu’il valait probablement mieux vous expliquer POURQUOI je n’avais pas aimé plutôt que de ne rien dire du tout. Parce que, qui sait, d’autres sensibilités que la mienne auront peut-être envie d’aller le voir ? D’autant que, en toute franchise aussi, je suis allée voir ce show sur recommandation d’une amie qui, ELLE, avait été conquise ! Bref, tout n’est qu’affaire de sensibilité, CQFD.
Mais avant de vous expliquer pourquoi “ça l’a pas fait“, here’s le pitch du One Man Show, A la folie, co-écrit et mis en scène par Ary Abittan himself et Judith Elmaleh (oui, “sœur de”) :
“Un dramaturge désuet, un jaloux maladif, un culturiste qui s’exprime curieusement, un homme heureux en ménage qui demande le divorce ou encore une recette de cuisine en… turc, c’est le mélange épicé qu’Ary Abittan nous propose dans son nouveau spectacle, A LA FOLIE.
Usant tour à tour de sa voix de ténor, de vieille dame ou encore de chanteur égyptien, il incarne avec énergie ces êtres qui ont en commun de frôler les limites de la folie et de l’extrême. Gestuelle décapante, pas de danses et interludes chantés, Ary Abittan use de son talent avec un fol entrain.”
Première chose (et à la rigueur la seule à retenir de cet article) : Ary Abittan est une bombe sessouelle un SACRÉ Showman !!! Un comédien étonnant, bourré de talent et capable de se métamorphoser totalement à chaque changement de personnage. Et ça, clairement, ça mérite le respect. Sauf que voilà, un excellent comédien n’est pas grand chose sans un spectacle qui mette son talent en valeur. Et, de mon point de vue, ya pas d’hélice hélas c’est là qu’est l’os !
Parce que le texte, moi, il ne m’a pas du tout fait rire. J’ai trouvé que c’était mou et, aïe aïe aïe, que ça manquait cruellement de finesse et de bons mots. Et puis, surtout, ce qui m’a gênée, c’est l’effet “comique de répétition”. Je m’explique. Au 3e ou 4e sketch, Ary saisit une pancarte qui annonce au public quelque chose comme “Et maintenant, une recette de cuisine en turc“. Et là, pendant 4mn, Ary fait son sketch dans une langue (réelle ou inventée je n’en sais rien) qui fait mourir de rire une large partie du public. Je n’accroche pas. Le sketch se termine, ouf. Mais quelques minutes plus tard, belotte, “Journal télévisé en arabe” puis, rebelotte peu de temps après avec une scène du même cru. Bref, du comique de répétition, façon “on prend une idée et on l’useeeeeee jusqu’à la corde”. Sic… Il fait d’ailleurs la même chose avec un tout autre sketch (une chanson dans une langue qui ne m’était pas familière) qu’il interprète, à l’identique, TROIS FOIS pendant l’heure de spectacle (et une heure, c’est court…).
Moi, j’appelle ça du “rire facile” (même si en l’occurrence j’ai pas déserré les dents). Pourtant, objectivement, ce spectacle fait un CAR-TON ! D’ailleurs, le soir où nous y sommes allées avec Alexiane, la salle était pleine et riait à gorges déployées. Sauf que. Sauf que, en fait, ils riaient avant même l’entrée en scène d’Ary Abittan. Déjà à l’extérieur de la salle, une large partie du public semblait se connaitre (et LE connaitre) et les éloges fusaient à son égard… Aussi, à peine Ary était-il entré sur scène, que le public était déjà chaud bouillant, l’interpellant façon “hey on est de Saint-Brice” dès les premières minutes du spectacle. Fatalement, le comédien n’avait alors plus grand chose à faire ni à prouver, puisque chaque mot ou froncement de sourcil déclenchaient immanquablement l’hilarité générale !
Bref, pour moi ce soir-là, le spectacle était dans la salle à tâcher de piger pourquoi eux riaient et moi nan bien plus que sur scène. Peut-être ce public était-il “meilleur public” que je ne le suis, peut-être aussi était-ce des gens qui habituellement fréquentent peu les théâtres, ou peut-être tout simplement n’ai-je pas saisi les subtilités linguistiques ;-))) compris le show lui-même ? C’est d’ailleurs pour cette raison que je me garderai bien de vous le conseiller/déconseiller car ce que je préfère retenir c’est l’énergie contagieuse d’Ary, que j’espère avoir l’occasion de revoir dans un tout autre show, pluss à la mesure de son talent.
Pour vous faire votre avis, RV au Petit Palais des Glaces, du mardi au samedi à 21H30.






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